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Rencontre régionale des responsables de structures et animateurs d’Espaces Publics Numériques de Rhône-Alpes
Grigny (Rhône) le 6 décembre 2007

 
30 participants en provenance de 20 structures de 4 départements : Drôme, Isère, Loire et Rhône

16 décembre 2007

Le 6 décembre, en lien avec la Biennale de Grigny, a été organisée une rencontre des Espaces Publics Numériques de la Région Rhône-Alpes. Une invitation a été lancée par les réseaux [EPM du Lyonnais] et Ratice Loire auprès de toutes les structures connues et répertoriées sur les base de données des deux réseaux. L’objectif est de faire connaissance, d'identifier les problématiques communes et d’envisager la mise en réseau régionale des EPN.

1 Accueil par Jacques Houdremont

Jacques Houdremont est le Directeur de la M@ison de Grigny. Il accueille la rencontre et la resitue dans le cadre de la Biennale dont le thème est : «  Accès pour tous aux TIC, entre illusions et réalités ». Les Espaces Publics Numériques ont un rôle à jouer et ont leur place dans la biennale qui fait rencontrer des expériences locales, nationales et internationales.

La rencontre de ce matin traite spécifiquement des besoins des EPN au niveau régional.

2 Introduction de la matinée par Stéphanie Lucien-Brun, Guy Pastre et Éric Munier

Stéphanie Lucien-Brun et Guy Pastre animent, avec d'autres, le réseau d’animateurs d’Espaces Publics Multimédia du Lyonnais. Éric Munier, a un rôle similaire pour le réseau Raticeloire des Espaces Publics Numériques de la Loire.

Des actions communes ont été engagées entre les deux réseaux, notamment, des journées de réflexion. Les deux réseaux sont intervenus conjointement auprès de la Région Rhône-Alpes, notamment, dans le cadre du projet Formavia, dédiée à la formation professionnelle à distance, qui envisage de s’appuyer sur les EPN pour diffuser ses actions sur les territoires.

L’objectif de la matinée est d’ouvrir la collaboration à tous les acteurs de « l'accès pour tous aux TIC » de la région. La présence de personnes de la Drôme, par exemple, est encourageante.

Après un tour de table des participants, les objectifs de la rencontre et la méthode de travail proposés sont présentés :
  • Échanger sur les besoins des animateurs et des structures qui offrent un accès public aux usages des technologies de l'Information et de la Communication,

  • Y a-t-il un intérêt à un regroupement régional et si oui, quelle serait sa valeur ajoutée par rapport aux réseaux actuels : locaux comme ceux qui invitent aujourd’hui, nationaux spécifiques à un label (Cyberbase, par exemple) ou transversaux comme Créatif ?

La méthode consiste à travailler en deux groupes pour répondre à trois questions différentes selon le groupe.
Les groupes sont constitués :
  • un, d’animateurs au contact du public ;

  • l’autre, de responsables de structures et de responsables de projets.

La méthode « métaplan » est utilisée. Elle consiste à exprimer sur des « post-it », en quelques mots, des réponses aux questions posées. Les cartons sont affichés, discutés et regroupés par thèmes. Ces regroupements doivent permettre de dégager une typologie des réponses : problèmes à traiter et solutions offertes.

Une heure est réservée au travail en groupe et 45 minutes pour la restitution en séance plénière.

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3 Groupe des animateurs

Les trois questions sont :
  • Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans votre pratique d’animateur, de médiateur des TIC au quotidien ? Quelles sont vos questions en tant que animateur au quotidien ?

  • Quelles questions vous posez-vous sur l'évolution de votre métier dans les années qui viennent ?

  • Qu'attendez-vous d'un éventuel réseau régional des EPN ?

Les questions une et trois ont fait l’objet d’un échange et d’une synthèse. Par manque de temps, les réponses à la question deux n’ont pas été dépouillées, mais le rédacteur du compte rendu en présente sa synthèse.

3.1 Principales difficultés comme animateur ?

Les difficultés peuvent se classer en quelques familles :
  • Un manque de préparation pour aborder les différents publics accueillis avec parfois un manque de perception des limites de la mission. Des souffrances s’expriment lorsque l’animateur-trice ne se sent pas à la hauteur pour répondre aux attentes des personnes reçues. Ces insuffisances sont exprimées :

  • au plan technique : je ne sais pas répondre, je suis autodidacte, il y a trop d’outils qui évoluent trop vite, etc.

  • au plan pédagogique : « je ne sais pas me faire comprendre », « il y a des réactions des apprenants qui montrent leur insatisfaction », « comment créer une dynamique de groupe », « cela part dans tous les sens », « suis-je animateur ou formateur ? », etc.

  • Un manque de temps pour préparer les interventions et des outils pédagogiques adaptés. Ce n’est plus une sensation de manque de compétence mais d’un manque de temps.

  • Difficultés à gérer les demandes et les groupes. Il s’agit alors de problèmes d’organisation du travail :

  • Comment répondre à toutes les attentes ?

  • Comment gérer le planning ?.

  • Faut-il répondre à toutes les demandes ?

  • Faut-il interdire ou limiter certaines activités, comme le jeu ?

  • Quel est la limite de notre rôle ? Faut-il orienter vers d’autres structures, encore faudrait-il les connaître, etc.

Plusieurs expriment un manque de vision, de perception de leur mission, par eux-mêmes, par les structures qui les emploient, par les « usagers », voire par le personnel politique qui est l’initiateur de la structure. Ils demandent un éclaircissement des objectifs assignés à la structure et qu’ils soient exprimés publiquement. Pour caricaturer, l’on pourrait dire que la structure fait bien dans le paysage local, mais pourquoi est-elle là ? D’autres semblent s'accommoder de ce flou en agissant au mieux pour répondre aux sollicitions variées. Est-ce la solution pour atteindre les objectifs initiaux ? Rencontre-t-on le public cible ou est-on envahis par un public qui n’a pas de besoins vitaux ? Doit-on accepter des usagers purement « consommateurs » des ressources de la structure ?

Il y a une attente pour que le rôle de chaque structure soit mieux précisé de manière à adapter les moyens, la formation, les priorités à ses objectifs. Quand il y a plusieurs structures voisines, il peut être souhaitable d’acquérir une certaine spécialisation et d’orienter la demande vers la structure la mieux adaptée. Ceci se complique avec la multiplication des sollicitations. Pourquoi sommes-nous là ? Pour quels publics ? Comment répondre à ces missions ?

A la fin, il est remarqué qu’il n’y a pas de demandes de moyens techniques. Sont-ils à la hauteur des besoins ou a-t-on pris l’habitude de faire avec, de se débrouiller ?

3.2 Le rôle d’une structure régionale

Il n’est pas surprenant que les demandes portent sur les besoins des animateurs, sans distinguer ce qu’il est pertinent de solliciter spécifiquement au niveau régional. Les attentes sont notamment :
  • La formation des animateurs aux plans technique et pédagogique ;

  • La mise à disposition d’outils pédagogiques, la mutualisation de supports, notamment via un site de partage ;

  • L’impulsion de nouvelles pratiques.

Pour ce qui est du régional, il s’agirait d’interpeller les politiques qui sont responsables de la formation professionnelle et de l’aménagement des territoires. Leur faire savoir que les EPN existent et sont déjà organisés. Comment négocier l’intégration des EPN pour répondre aux besoins de décentralisation d’administrations ou d’autres organismes qui comptent sur les EPN pour mettre des postes à disposition ou pour former leurs usagers ?

3.3 Questions sur l’évolution du métier

A partir des réponses brutes, le rédacteur tente de dégager quelques tendances :
  • Des craintes :

  • De se transformer en technicien de l’informatique ;

  • De devoir se former en permanence ;

  • De disparition du besoin et donc de la fonction et de l’emploi,

  • Quel avenir pour l’éducation populaire ?

  • Quel modèle économique quand l’effort public sera achevé ?

  • Des questions et des recherches :

  • Les usages évoluent régulièrement, ils vont continuer à le faire... comment ?

  • Il y aura toujours des besoins d’accompagnement de projets... lesquels ?

  • Quels seront les nouveaux besoins de la population quand elle sera initiée ?

  • D’autres partenariats sont-ils à développer ?

  • Que pourrais-je faire d’autre avec les compétences acquises ?

  • Une demande de sécurité :

  • Avoir un statut pour pérenniser l’emploi,

  • Définir un métier de l’animateur.

4 Groupe des responsables de structures/de réseaux* (en annexe la synthèse in extenso)

Trois questions au fil du débat dont les deux premières simultanément :
  • Questions que vous vous posez actuellement,

  • Questions sur les évolutions du projet,

  • Attente d'un réseau régional des EPN.

4.1 Les questions des participants

Spontanément, le financement des activités arrive en premier :
  • Comment avoir des financements ?

  • Comment accéder à des financements européens ?

  • Quel modèle économique pour une relative autonomie financière ? Faut-il chercher des financements privés ?

  • Comment faire rémunérer les services apportés à des administrations ? EPN un service public en soi ou prestataire local pour tous les services publics ? Conventions à passer avec ANPE et autres services publics ?

La vocation des EPN sur le territoire est interrogée :
  • Simple lieu de mises à disposition de ressources techniques ou lieu d’élaboration de projets locaux : quartier, commune, groupe de communes ?

  • Complémentarité par rapport à la structure support dans le cas des MJC, Centres sociaux et bibliothèques, par exemple ?

  • Rôles à côté de l’école, par exemple dans le cadre de la préparation des élèves au B2I ?

  • Influence des financeurs sur le rôle des EPN, contraintes du label ?

  • Les EPN sont-ils destinés à tous les publics ou seulement pour les publics en difficulté ?

A la vocation des EPN est lié le métier des animateurs :
  • Simplement donner accès à du matériel ?

  • Accompagnateurs, par exemple dans la recherche d’emploi ?

  • Documentaliste ou bibliothécaires pour fournir des informations avec les nouvelles technologies ?

  • L’animateur doit-il rester dans les mûrs de l’EPN ou collaborer avec d’autres structures du territoire : associations, écoles, etc. ?

  • Y a-t-il une nouvelle culture numérique dont l’animateur d’EPN serait le médiateur ?

Pour synthétiser : en trame de fond, il faudrait une vision politique pour orienter l’action.

4.2 Les rôles d’un réseau local

Quelle est la plus-value d’un réseau ? Quelles finalités ? Des idées sont émises :
  • Appui aux EPN en terme de ressources en ligne, tout en constatant qu’il y a déjà pléthore ;

  • Mettre en ligne des ressources pour les usagers ? Rendre les usagers autonomes, « s’auto-détruire » ;

  • Créer un observatoire des métiers et emplois des TIC ;

  • Annuaire des EPN du territoire pour mieux se connaître et collaborer.

Il faudrait la reconnaissance que le temps de participation à un réseau relève de la formation continue des animateurs. Il faudrait aussi réserver du temps à la préparation, au montage de partenariats, au regroupement en réseau.

5 Que dégager du travail réalisé ?

Il semble que les préoccupations des deux groupes soient un peu différentes. Par exemple, l’aspect financement des structures semble avoir été prégnant dans le groupe des responsables et n’a pas été évoqué parmi les animateurs.

Les autres besoins sont communs : missions de chaque EPN sur un territoire, formation des animateurs, mutualisation de ressources, veille concernant l’évolution, etc.

Quel est le bon niveau pour chaque famille de réseau ? Le niveau régional doit-il se substituer au réseaux locaux ou être un niveau léger avec des missions précises de représentation des réseaux locaux ? Ceci a trop peu été abordé, mais pourrait faire l’objet de prochains travaux.

6 Rendez-vous

Pour terminer : deux rendez-vous sont proposés à court terme :

Les organisateurs des rencontres d’Autrans mobilisent un financement pour le déplacement d’animateurs de la Région Rhône-Alpes. Il est envisagé le jeudi 10 janvier où il y aura un maximum d'échanges autour des EPN et leurs métiers.

Un appel à candidatures est fait pour organiser les déplacements à Autrans, notamment à partir de Saint-Etienne et Lyon.

Pour plus tard, ce type de rencontre serait à reproduire en 2008 sur une journée, car une demi-journée, c'est court !

En attendant, garder les liens en s’inscrivant sur les listes de EPM du Lyonnais et de Ratice Loire.

Eric Munier signale que Ratice Loire a en projets :
  • De monter des actions autour de la parentalité,

  • Une plateforme collaborative de mutualisation d'outils.

Guy Pastre recommande une auto-organisation au niveau régional, sans attendre, dans un premier temps.
Pour finir, une pochette est remise aux participants. Elle contient :

ANNEXE
Compte rendu in extenso de l'atelier 2

Les trois questions qui ont été traitées, dont les deux premières conjointement.

Quelles sont les principales questions / difficultés que vous vous posez sur le fonctionnement de votre structure et/ou de votre projet dans la mission d’accès pour tous aux TIC ? (situation actuelle)

Quelles sont les principales questions que vous vous posez sur l’évolution dans les années à venir ? (devenir)

  • Finance :

  • Financement d’activités

  • Recherche de financement supplémentaire avec garantie de pérennité Ò Pluri-financeurs: public / privé ? partenariat ? indépendance ?

  • Auto financement

  • Conseil Général: catalyseur de différent financement

  • EPN Ò «public» = Service Public Local et/ou Services aux Publics ?

  • Difficulté d’accéder aux Fonds Européens

  • Cahiers des charges imposés par les réseaux en contre nature avec la mission de fond (contrainte des labellisations) mais l’outil « convention » permet de se poser sur des valeurs communes

  • Projet local :

  • Différentes interprétation de ‘Service Public’ et ‘Service aux Publics’ : e-administration ≠ rendre service au public

  • Champ d’action limité par les financeurs (limite territoriale administrative et politique)

  • Identification floue des EPN pour les publics, les EPN, les financeurs : nom de structure différent en fonction des financeurs et des labels

  • Comment l’EPN identifie/construit son projet local (politique) ? Ò formation des animateurs et directeurs sur ce thème

  • Lieu de vie, projet social

  • EPN : pas seulement appui à des projets mais porteurs de projet

  • Problème : dématérialisation de l'état avec transfert des missions au niveau local sans financement

  • Missions / métiers :

  • Pérennisation

  • Hétérogénéité des EPN : EPN en soit, EPN dans une collectivité, dans une MJC ou Centre Social

  • Définition du métier (hors temps scolaire) : temps préparatoire d’animation et de partenariats, temps de projet en équipe…ces temps font partie du métier d’animateur !

  • B2I / EPN Ò opposé ou complémentaire ?

  • Mission d’un EPN Ò (EPN = Bibliothèque ?) (animateur TIC = documentaliste ?)

  • Cœur de métier : polyvalence ?

  • « Accès à l’équipement + connexion » est un service en voie de « disparition » du fait de l’équipement des ménages (sauf publics en grande difficultés) / Accès à la culture ?

  • Apport d’outils d’animation aux animateurs (entre autonomie et clé en main)

  • Appui/construction de ressources en ligne pour le grand public et pour les animateurs

  • EPN pas seulement appui à des projets mais aussi porteur de projets

  • Vocation d'accès pour tous = autonomie des publics = 'auto-destruction' de l'EPN

  • Participation/expression des publics/usagers dans les EPN

  • Mission de transmission de valeurs (variable entre les structures)

  • Trop de complexité pour créer des forums

  • Formation continue = c'est aussi participer à des réseaux

Qu’attendez-vous d’un réseau régional d’EPN ?

  • Pour qui ? pourquoi ? :

  • Finances : Faciliter l’accès aux Fonds Européens

  • Avoir connaissance des disponibilités locales : cartographie des EPN, des lieux ressources, des activités

  • Proposer des services homogènes (contenu, prix...), complémentarité ?

  • Identification des volumes (temps d'ouverture, nb heure d'animation) et adéquation en rapport au projet pour les publics ?

  • Observation des métiers de l’animation TIC

  • Projet de structure, de quartier, de territoire

  • Comment ?

  • Dimension du réseau : Découpage administratif, géographique, social, bassin de vie

  • Déjà beaucoup de plateformes pour EPN

  • Besoin de plateforme accessible à TOUS publics (technicité accessible à tous et non pas réservée à des animateurs/techniciens)

 

Fichier PDF - 122.2 ko
 
 
Publié le mercredi 1er octobre 2008

 
 
 
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